• Jésus selon les évangiles apocryphes

     

    Jésus selon les évangiles apocryphes

     

    Jésus selon les évangiles apocryphes

     

    On appelle « littérature apocalyptique » une masse d'écrits organiques que les juifs anciens, du ive siècle avant J.-C. à la fin du iie siècle de l'ère chrétienne, ne cessèrent de produire et de promouvoir. Des éléments précurseurs s'en retrouvent plus ou moins nettement dans plusieurs livres, antérieurs et contemporains, de l'Ancien Testament hébraïque. Les textes chrétiens du Nouveau Testament sont eux-mêmes, pour nombre d'entre eux, en tout ou en partie, largement apocalyptiques. Tous ces écrits ont pour langue originale l'hébreu, voire l'araméen, et le grec. Traduits en d'autres idiomes comme le syriaque, le latin, l'éthiopien, le copte, l'arabe, l'arménien et le slavon, c'est par ce canal que, adoptés volontiers comme livres sacrés par les communautés chrétiennes locales, ils sont parvenus jusqu'à nous. Ils émanent d'à peu près toutes les tendances ou mouvements du judaïsme ancien, à savoir, principalement, pharisien, essénien, zélote, samaritain et chrétien. On ne saurait donc parler à leur sujet ni de marginalité ni d'hétérodoxie. Bien au contraire, ils sont l'effet direct et significatif, sur la terre nationale des juifs comme dans la Diaspora, d'un habitus littéraire généralisé dont il existe différents et solides témoins. C'est donc à la constitution du tableau d'ensemble de la société juive des derniers siècles du second Temple que la littérature apocalyptique nous renvoie : c'est là qu'elle peut et doit trouver son explication.

    Le mot « apocalypse » est l'exacte translitération du terme grec apokalypsis, le premier de l'Apocalypse chrétienne dite de Jean, œuvre qui porte précisément son nom : elle le céda, comme générique, à bien d'autres antérieures de la même veine. Ce terme, qui signifie « révélation », dérive du verbe apokalyptein, « découvrir », « révéler », que la Bible grecque des Septante utilise pour traduire les verbes hébraïques galâh et hâsaph, dont l [...]

    Jésus selon les évangiles apocryphes : un personnage étrange

    Partons à la découvert d'un Jésus inhabituel...

    Les évangiles apocryphes, composés dans les premiers siècles de notre ère, donnent une image fort peu conventionnelle de Jésus. Dans certains, Jésus a des traits semblables à ceux des évangiles canoniques. Dans d’autres, il est beaucoup  plus un être divin qu'un être humain. Cette littérature apocryphe ne nous apprend pas grand chose sur Jésus. Elle nous révèle par contre comment certains milieux chrétiens des premiers siècles, percevaient Jésus de Nazareth. Elle a le mérite de nous éclairer sur les déviations qui sont possibles à chaque époque.

    Jésus enfant : des pouvoirs miraculeux

    Si quelqu’un voulait prouver que Jésus agissait comme fils de Dieu dès sa jeunesse, il hésiterait à argumenter avec les évangiles apocryphes de l’enfance. Ils abondent en effet dans le merveilleux mais aussi dans le grotesque. Leur lecture nous permet de comprendre pourquoi l'Église n’a pas retenu le portrait qu'ils tracent de Jésus. Prenons simplement l'évangile du Pseudo-Thomas :

    À l'âge de cinq ans Jésus pétrit douze moineaux avec de la terre glaise. Comme il le fait un jour de sabbat, un Juif pieux va le dénoncer à son père. "Joseph se rendit sur les lieux. Dès qu'il aperçut son fils, il le gronda : 'Pourquoi te livres-tu à des activités interdites le jour du sabbat ?' Mais Jésus frappa dans ses mains et cria aux moineaux : 'Partez !" Les oisillons déployèrent leurs ailes et s'envolèrent en pépiant." (1,2)

    "Une autre fois, Jésus se promenait dans le village, quand un enfant, en courant, le heurta à l'épaule. Irrité, Jésus lui dit : "Tu ne poursuivras pas ta route." À l'instant même l'enfant s'écroula mort. À cette vue, certains s'exclamèrent : "D'où vient cet enfant, dont chaque parole devient immédiatement réalité ?" (4,1)

    "Tandis que Jacques (le fils de Joseph) ramassait ses branchages, une vipère le mordit à la main. Et comme il souffrait et qu’il se mourait, Jésus s’approcha et souffla sur la morsure ; et aussitôt la douleur cessa et la bête creva ; et à l’instant Jacques demeura sain et sauf." (16,1)

    Un surdoué

    Le petit Jésus des apocryphes est un garçon surdoué. Son maître d'école l'apprend à ses dépends. Le premier jour de classe il énumère aux enfants les lettres de l'alphabet. Jésus lui dit: "Hypocrite, enseigne d'abord l'alpha, si tu le connais et alors nous te croirons quand tu nous parleras du bêta" Jésus explique ensuite à son maître le premier signe de l’alphabet. Le maître ramène son jeune élève à Joseph : "Reprends-le je t'en prie. Je ne supporte pas la sévérité de son regard ; je ne veux plus lui entendre dire un mot. Cet enfant n'est pas de ce monde....Sans doute a-t-il été créé avant la fondation de l'univers." (Pseudo-Thomas 6,3)

    Un Jésus parfois proche de celui des quatre évangiles

    Dans d’autres évangiles, notamment dans celui de Thomas, nous retrouvons un Jésus relativement proche de celui des évangiles canoniques. Voici quelques-unes de ses paroles :

    Jésus a dit : "Celui qui est près de moi est près du feu, et celui qui est loin de moi est loin du Royaume." (Logion 82) C’est bien dans le style de la prédication de Jésus.

    Jésus a dit : "Le Royaume du Père est semblable à un homme qui veut tuer un grand personnage. Il dégaina l’épée dans sa maison, il perça le mur pour savoir si sa main serait assez ferme. Alors, il tua le grand personnage." (Logion 98)

    Cela rappelle la parabole de l’homme qui veut bâtir une tour et celle du roi qui veut partir en guerre (Lc14,28-32).

    Nous trouvons également des textes qui font penser à la 1° lettre de Pierre (3,18-22). Jésus, le roi de gloire, descend aux Enfers pour enchaîner Satan, ressusciter Adam, les patriarches et les prophètes et les emmener au ciel. (Evangile de Nicodème 22-25)

    Un Jésus méconnaissable

    La plupart du temps les apocryphes offrent au lecteur un Jésus méconnaissable, misogyne, dominateur, sectaire. Voici quelques exemples tirés de l'Evangile de Thomas. On y découvre d'avantage les conceptions particulières de l'auteur que les paroles de Jésus :

    Simon-Pierre leur dit : "Que Marie (Madeleine) sorte de parmi nous, car les femmes ne sont pas dignes de la vie !" Jésus leur dit : "Voici; moi, je l’attirerai pour la rendre mâle afin qu’elle devienne un esprit vivant pareil à vous, les mâles ! Car toute femme qui sera faite mâle entrera dans le Royaume des Cieux." (Logion 114)

    "Jésus a dit : "Heureux les solitaires et les élus. En effet, vous trouverez le Royaume, car vous êtes issus de lui et de nouveau vous y retournerez". (Logion 49)

    Une foi naïve

    Ne méprisons pas trop cette littérature. Elle reflète la foi des premières générations chrétiennes. De façon parfois naïve, elle dit tantôt la foi en Jésus vraiment homme et tantôt la foi en Jésus vraiment Dieu. Les évangiles apocryphes arrivent rarement à tenir les deux éléments ensemble.

    https://www.bible-service.net/extranet/current/pages/1554.html

     

     

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