• L’or du Temple

     

    L’or du Temple

     

    L’or du Temple 



    Tout Juif, où qu’il soit, au loin dans l’empire ou en voyage, doit au Temple l’impôt de la dîme, le dixième de son revenu. Il doit, à l’occasion venir dépenser en pèlerinage à Jérusalem une somme équivalente. C’est la deuxième dîme. Il faut offrir des sacrifices, et c’est aux hommes du clergé qu’on achètera le bétail nécessaire. Il ne serait pas convenable de faire pénétrer dans le saint Temples les pièces aux effigies profanes à l’aide desquelles ont aurait payé. Il faut donc changer son argent contre de la monnaie spéciale, et le change non plus n’est pas gratuit. Seuls les prêtres auront enfin le droit de se nourrir de la chair des victimes immolées. Même le sang qui coule sans fin des rigoles de l’autel est récupéré. On en fait de l’engrais. La machine économique est remarquablement au point. Qui tient le Temple de Jérusalem, règne sur la foi, mais aussi sur le dispositif bancaire central du peuple juif. Cet édifice religieux aux vingt mille desservants, c’est une véritable usine.

     

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    Les Romains l’ont parfaitement compris et, fidèles à leur volonté de régner sans trop se faire voir, répugnant à l’administration directe, ils ont décidé une fois pour toutes de tenir le Grand Prêtre. Par là, ils tiendraient tout. Froidement, ils le désignent eux-mêmes, parmi les mieux disposés à s’abaisser devant Rome. Ils poussent même le chantage un peu plus loin : les fabuleux vêtements qu’il lui faudra, lors des fêtes solennelles, tiare au diadème d’or, pectoral orné de douze pierres précieuses, ephod (bande d’étoffe portant les noms de douze tribus d’Israël), chasuble d’or et d’écarlate, tuniques, bijoux, ils ont confisqué tout cela et le détiennent dans leur forteresse Antonia qui flanque le Temple. Ils ne le délivrent que pour quelques heures au moment nécessaire. C’est ainsi qu’une vraie perversion de la dignité intervient peu à peu : le peuple juif croit en ses dignitaires, mais ceux-ci abdiquent devant l’invisible pouvoir politique étranger. On ne choisit pas entre Dieu et Mammon. Ils ne font qu’un. C’est la machine du culte qui procure le pouvoir et l’argent.

     

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    Le pèlerinage :


    Au temps d'Immanouël, les Juifs ne sont pas seuls à aller en pèlerinage : de la Méditerranée aux extrêmes confins de l'Asie, de l'Irlande à l'Allemagne Centrale, les foules se déplacent pour vénérer un lieu sacré : une source, une rivière, un arbre, une montagne.
    A la fin de l'année, les Arabes allument de grands feux sur le mont Arafah, à quelques kilomètres à l'est de la Mecque, versent de l'eau sur le sol, poour appeler successivement le soleil et la pluie sur les récoltes, jettent des pierres au loin pour se débarrasser des fautes de l'an qui s'achève. Ils organisent des processions autour de la Maison de Dieu, la Ka'ba : là sont conservées la Pierre noire, qu'Adam a rapportée du Paradis terrestre, et, sur le puits dont l'eau a jailli sous le corps d'Ismaël, l'idole Hubal, l'une de celles qu'honorait Noé avant le déluge.
    Les Indiens se baignent aux deux crépuscules et à midi dans les eaux du Gange et de son affluent, le Yomounâ. Ils s'attardent sur ces rives plusieurs jurs, y jeûnent et souhaitent y mourir. Avec les bouddhistes venus de Chine, ils font leurs dévotions dans les villes où passa le Bouddha : à la frontière du Népal, où il est né : à Bodh Gayâ, dans la région du sud-est de la vallée du Gange, où il a connu sa première illumination intérieure : près de Bénarès, où il a prononcé son premier sermon : à Kouçinagara, de l'autre côté du Gange, où il est mort.
    Les Tibétains préfèrent visiter, au prix d'héroïques randonnées d'alpinistes, la montagne du Dokerla, entre le Mékong et le Salouen, rêvant farouchement de connaître la chute mortelle dans l'abîme du glacier.
    Les Chinois ont gardé, malgré le succès qu'a obtenu le bouddhisme par mi eux, leur vieux culte pour la montagne, intermédiaire entre l'homme et le ciel. C'est surtout au mont T'ai Chan, sur la presqu'île de Chantoung, qu'ils viennent au printemps implorer la vigueur de la régénérescence. L' empereur y a fait élever, en -110, quand chez les Juifs régnait Jean Hyrcan, le monolithe de 5 mètres de haut, dépourvu de toute inscription, qu'on appelle pour cette raison la stèle sans caractère.
    L'Egypte, elle aussi, a ses sanctuaires : Bouto, Saïs, Boubasti, dans le delta : le Sphins, les temples de Sérapis à Mimphis et à Abydos, en Haute-Egypte. On retrouve aujourd'hui des objets voitfs rappelant l'image du visiteur, ou ces émouvantes empreintes dessinées sur la paroi ou le dallage, les pieds de toute une famille : ceux du père, de la mère et des deux enfants. Et ces étonnantes prières écrites exprimant le souhait de rester toujours auprès du dieu.
    Les Grecs célèbrent encore leurs mystères à Eleusis, tout près d'Athènes : l'empereur Auguste a tenu à s'y faire initier. Un cortège de jeune gens s'y rend au printemps et au moment des semailles d'automne pour contempler à l'intérieur du temple, l'épi de blé qu'on exhibe ou les symboles dont les prêtres leur expliquent le sens. Ils participent aux drames liturgiques de Déméter, la Cérès des latins, courant à la recherche de sa fille Perséphone.
    Pendant ce temps-là, les celtes, en Irlande, se réunissent devant le menhir autour duquel sont ensevelis leurs héros. A Lyon, le 1er août, ils fêtent, par des jeux et des concours d'éloquence ou de musique, leur dieu suprême Lug, qui a donné son nom à la ville, Lugdunum.
    Les Germains, dans une île de la mer Baltique, acclament au passage de char de la déesse Nerthus que traînent, chaque printemps, deux génisses et que seul, le prêtre du sanctuaire a le droit d'accompagner. Les Germains des rives de la Vistule et du Niemen, et, plus à l'est, les Slaves alors connus sous le nom de Vénètes, s'enfoncent au coeur de leurs forêt, pour y offrir aux dieux qui habitent les arbres sacrés, le tiers du butin de guerre ou le sacrifice d'un porcelet noir, ou encore y entretenir un feu perpétuel en l'honneur de Perkunas, dieu du tonnerre.

     

     

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