• La force des Juifs

     

     

    La force des Juifs

     

    La force des Juifs

     

    Les Romains, malgré leur impatience, ne peuvent pas ne pas tenir compte des Juifs.

    Le roi Babylonien les avait déportés, en 587 avant Jésus. En -537, Cyrus autorisa la reconstitution de Jérusalem, mais beaucoup de Juifs préférèrent ne pas revenir.

    En -319, après la prise de Jérusalem par le roi d’Egypte Ptolémée, d’après Flavius Josèphe, que beaucoup d’autres furent transférés sur le Nil. Il y en aura un million quelques générations plus tard. On en trouve en Cyrénaïque. Ils sont partout, même en Italie, même à Rome. C’est la Diaspora : dispersion.

    Au total, six à huit millions de Juifs. Un habitant de l’Empire romain sur dix. Un sur cinq à l’Est de l’Italie.

    Ils se plient aux coutumes locales, se fondent sans heurt dans les populations autochtones.

    En Afrique du Nord, les façades de leurs synagogues sont de style mauresque, en Orient, elles répondent aux canons de l’architecture grecque.

    Au Moyen-Age, elles seront gothiques. Mais ce ne sera là que l’aspect extérieur, le simulacre.

    L’intérieur ne change pas. Au-delà d’une cour entourée de murs, on y trouve toujours la vaste salle rectangulaire vide, blanche le plus souvent, avec des bancs le long des murs; au fond l’arche, armoire ou coffre renfermant les rouleaux de la Thora, le Livre saint, au centre la tribune portant le pupitre du lecteur, où se placent les orateurs.

    Les Juifs se regroupent discrètement dans un quartier qui leur est propre, car ils préfèrent être entre eux, sans souillures.

    Leurs règles morales sont hors d’atteinte, que la loi romaine autorise, elle qui leur permet aussi de posséder leurs bâtiments et leurs cimetières, de faire des affaires, acheter, vendre et tester à leur guise, élire leur conseil des anciens, la Gérousia, prendre, selon des moeurs démocratiques, mais fermées, leurs décisions collectives.

    Les pratiques obligatoires, pour les fidèles, ne sont pas mystérieuses : vénération de Jérusalem même de loin, mais, si possible, pèlerinage dans la Ville sainte de temps à autre.

    Paiement d’une redevance annuelle à son Temple (où qu’il soit). Interdiction de manger du porc. Obligation d’observer le sabbat : un jour chômé du samedi. Et l’essentiel : le culte sans image.

    Ainsi fermés dans leur monde à eux, tout leur être groupé autour de ce dur squelette mystique, les Juifs sont évidemment inassimilables. Comme ce cas est sans exemple, comme il n’existe aucune autre communauté minoritaire d’une solidarité interne aussi forte, on les déteste assez couramment. On porte à leur sujet les accusations les plus folles, comme de tuer des enfants pour faire le pain avec leur sang.

    Eux de leur côté, demeurent silencieux et hautains dans leur tour, le regard fixe et les bras croisés, guettent l’affront pour un trouver une raison de ressentiment supplémentaire.

    Ils ont même l’incroyable audace, eux les demi-citoyens, tenus en lisière, de faire secrètement de la propagande pour leurs croyances.

    La langue grecque, la plus courante en Méditerranée, qu’ils maitrisent parfaitement, les y aide.

    Ils recrutent deux catégories de disciples, inférieures, les craignant-Dieu, et pleine et entière, les prosélytes : nouveaux venus.

    En devenant progressivement une race internationale, les Juifs se sont affermis dans leur assurance secrète de seuls détenir le message de la vérité absolue, pure comme l’éther : la voix de Dieu même.

    Il se donne le devoir de la faire connaître partout. Ils ont une mission. Minorité fanatique, les Zélotes sont partisans de la résistance armée. Ils en viendront plus tard à monter des coups de main. Armés de sica, le court poignard latin, ils forment dans la nuit des commandos de sicaires, qui font brièvement passer de vie à trépas les sentinelles isolées, et les coreligionnaires un peu mous, qu’on juge excessivement collaborateurs avec l’occupant.

    En général, sans parler des pontifes et des rois, qui doivent aux Romains l’obséquiosité pour conserver leur charge, c’est chez les nantis qu’on trouve les suppôts de l’occupant : ce sont eux qui ont des biens à préserver, ce pourquoi la bienveillance de la police n’est jamais inutile.

    Le petit peuple, comme toujours, adore les trouble-fête et les redresseurs de torts, et les Zélotes sont ses héros quotidiens. Il faut dire que les Romains dérangent tout le monde.

    Personne n’aime payer au fiscus, collecteur d’impôts. Personne n’aime avoir à se déplacer périodiquement, pour rejoindre le bourg de sa naissance, à l’occasion d’un de ces recensement qui permet à l’administration romaine de mettre à jour sa connaissance de la population.

    C’est sur ce mécontentement que comptent les Zélotes pour égaler leurs modèles : les Maccabées…

    Les Juifs dans le monde

    Dans l'Antiquité, quand un peuple puissant avait besoin de main d'oeuvre qualifiée ou non, il la prenait chez un voisin plus faible. C'est ce que firent notamment les Egyptiens et les Babyloniens avec les Juifs. En déportant plusieurs milliers de personnes dans les vallées du Nil et dans celles de l'Euphrate, ils créérent les bases des deux plus anciennes colonies juives : celle d'Egypte (qui compta plus d'un milion de personnes) et celle de Mésopotamie (plusieurs centaines de milliers). Plus tard, les Romains à leur tout déportèrent des groupes de Juifs dans les régions peu peuplées qu'ils souhaitaient développer : c'est ainsi que sous Tibère, 4000 Juifs furent acheminés vers les marais insalubres de Sardaigne.
    Parallèlement à cette émigration forcée, un certain nombre de Juifs s'expatrient volontairement vers les grands centres commerciaux : Antioche, Alexandrie, Damas, Rome, Chypre. Ils ne sont pas seuls : Phéniciens, Grecs, Syriens, Egyptiens s'installent volontiers dans des pays étrangers quand ils y voient une occasion de profit. La différence est que les Juifs, eux, ne sont jamais absorbés : lls adoptent les usages et la langue du pays d'accueil tout en restant attachés à leurs traditions religieuses.
    L'ensemble de toutes ces colonies dispersées porte le nom grec de Diaspora (c'est-à-dire : dispersion). Plus de 7 millions de Juifs sont ainsi disséminés sur tout le pourtour de la Méditerranée et au Moyen-Orient. Là, ils vivent parmi les non-Juifs, ailleurs, ils sont regroupés dans un quartier spécial qui est une sorte de préfiguration des ghettos d'Europe orientale ou des mellahs d'Afrique du Nord, partout ils forment une communauté solidaire. Ils ont leurs synagogues, leurs propres associations culturelles et bénéficient d'importants privilèges octroyés par le Romains, en souvenir de l'alliance contractée en -161.
    Bien ou mal accueillis, implantés de longue ou de fraîche date, les Juifs de la Diaspora n'ont de toute façon qu'une seule métropole : Jérusalem et son Temple où tous se rendent régulièrement en pèlerinage. Ils ne diffèrent donc guère des autres Juifs demeurés en Palestine, tout au plus peut-on dire que leur allégeance aux autorités religieuses de Jérusalem est moins stricte et leur ouverture aux idées nouvelles plus grande. C'est ainsi qu'ils se rallieront souvent assez facilement au christianisme et ce sont les communautés d'émigrés juifs qui, dans un premier temps, assureront la propagation de la religion nouvelle d'un bout à l'autre du bassin méditerranéen.

     

     

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