• Le Pentagone faisait la chasse aux ovnis

     

    Le Pentagone faisait la chasse aux ovnis

     

    Le Pentagone faisait la chasse aux ovnis

     

    Une enquête du New York Times a révélé l'existence d'un programme au sein du département américain de la Défense chargé de récolter et d'analyser les observations d'objets volants non identifiés (ovni).

    Une forme ovale mystérieuse, dont se dégage une aura lumineuse, fend les cieux à très grande vitesse. Dans leurs cockpits, les pilotes de l’armée de l’air américaine se demandent bien ce qu’ils sont en train d’observer. « Regarde ce truc ! » s’étonne l’un d’eux. « Il y en a toute une flotte ! » Les aviateurs ne cachent pas leur étonnement. D’autant que l’étrange tâche semble pivoter sur elle-même.

    Cette vidéo, prise à bord d’un avion de chasse américain, fait partie des documents répertoriés et analysés par l’« Advanced Aerospace Threat Identification Program » (AATIP, soit 'programme d’identification des menaces aérospatiales avancées'). Autrement dit, un programme secret du département américain de la Défense chargé d’enquêter sur les observations d’objets volants non identifiés, les fameux « ovnis ».

    Lancé en 2007 par le sénateur du Nevada Harry Reid, le programme a, pendant 5 ans, collecté et étudié des débris d’objets, des enregistrements vidéo et audio et des témoignages d’individus ayant été confrontés à des phénomènes semblables. Il a finalement été arrêté en 2012, selon un communiqué du Pentagone, qui a reconnu l’existence d’une telle division au sein du département.

    22 millions de dollars

    « Il a été établi qu’il y avait d’autres priorités qui méritaient un financement et qu’il était dans le meilleur intérêt du ministère d’apporter un changement », a fait savoir le Pentagone, pour justifier la fin de l’AATIP. Un financement qui s’est élevé, de 2008 à 2011, à hauteur de 22 millions de dollars, sur les 600 milliards consacrés annuellement au budget de la Défense.

    Des fonds qui ont principalement profité à un collaborateur extérieur, souligne le New York Times : Bigelow Aerospace, une société de recherche aérospatiale fondée par le milliardaire Richard Bigelow. Or l’homme d’affaires est non seulement un des amis de longue date du sénateur Harry Reid mais aussi un des donateurs réguliers de ses campagnes électorales.Politicorappelle qu’il a financé ces dernières à hauteur de 10 000 dollars au moins, de 1998 à 2008.

    Secret

    Selon des propos de Harry Reid rapportés par le New York Times, c’est le milliardaire qui aurait sensibilisé le sénateur à la question des ovnis. Robert Bigelow, qui travaille actuellement avec la Nasa, se dit « absolument convaincu » de l’existence d’extraterrestres et de la visite d’ovnis sur Terre. Dans une interview au New York Times, l’entrepreneur confie que, selon lui, le problème est le « tabou » qui entoure ce sujet. « Les scientifiques ont peur d’être ostracisés et les médias ont peur d’être stigmatisés ».

    C’est peut-être ce qui explique en partie le secret qui a si longtemps entouré le « programme d’identification des menaces aérospatiales avancées ». Car bien qu’à sa création, le projet du sénateur Harry Reid ait rapidement reçu l’appui de deux autres élus ; le sénateur républicain de l’Alaska Ted Stevens et le sénateur démocrate d’Hawaï, Daniel Inouye, seul un petit nombre de hauts fonctionnaires connaissait son existence. Et les trois élus n’ont jamais voulu de débat public au Sénat, explique Reid au New York Times.

    «Une menace existentielle à notre sécurité nationale»

    Néanmoins, l’intérêt du département de la Défense pour les objets volants non identifiés ne s’est vraisemblablement pas arrêté avec la fin officielle du programme. L’agent des services du renseignement militaire qui a dirigé l’AATIP, Luis Elizondo, raconte au quotidien américain que, malgré l’arrêt des financements en 2012, il a continué à travailler avec la Navy et la CIA jusqu’à sa démission en octobre dernier, s’insurgeant finalement contre le goût du secret et les dissensions internes sur ce sujet sensible.

    « Certains individus au sein du département restent fermement opposés à des recherches poussées sur ce qui pourrait être une menace stratégique pour nos pilotes, marins et soldats, et peut-être même une menace existentielle à notre sécurité nationale », écrivait-il dans sa lettre de démission au secrétaire à la Défense James Mattis. Et de se demander : « Pourquoi ne dépensons-nous pas plus de temps et d’énergie sur cette question ? »

    Des découvertes «très sensibles»

    Ce n’est pourtant pas faute d’avoir essayé de convaincre les hautes instances du ministère de l’intérêt de ces recherches. En 2009, un rapport du directeur du programme assurait que « ce qui était autrefois considéré comme de la science-fiction est aujourd’hui un fait scientifique » et avançait que les Etats-Unis étaient incapables de faire face à certaines technologies ainsi découvertes.

    De même, le sénateur Harry Reid affirmait dans une lettre adressée au secrétaire adjoint à la Défense William Lynn III en 2009, que « de grands progrès ont été faits dans l’identification de plusieurs découvertes très sensibles et non-conventionnelles liées à l’aérospatiale ». La nature exacte de ces découvertes reste pour le moment inconnue. Cela ne veut pas pour autant dire qu’il s’agisse de technologie alien. Certains se demandent si des puissances étrangères, comme la Russie ou la Chine, n'ont pas développé une technologie plus avancée que celle des Etats-Unis.

    De l'inexpliqué à l'explicable

    Un ancien ingénieur de la Nasa, James Oberg, cité par le New York Times, rappelle qu’« il y a plein d’incidents ordinaires et des caractéristiques de la perception humaine qui peuvent expliquer ces histoires ». Avant d’ajouter que « beaucoup de gens sont actifs dans les airs et ne veulent pas que les autres le sachent. » Et si l’astrophysicienne du MIT, Sara Seager, estime qu’il est parfois utile « de mener sérieusement l’enquête lorsque des gens observent des phénomènes inhabituels », il faut se souvenir qu’avec la science « nous faisons souvent face à des phénomènes qui restent inexpliqués ».

    Or les phénomènes inexpliqués « ont vocation à être revisités » souligne Jean-Paul Aguttes, le directeur du Geipan (groupe d'étude et d'information sur les phénomènes aérospatiaux non identifiés), au micro de RFI. Cet organisme qui dépend du CNES, l'agence spatiale française, a pour mission de mener l'enquête sur les événements étranges qui se passent dans le ciel. « Le caractère non expliqué d'un jour peut devenir expliqué un peu plus tard », insiste-t-il.
    Le Pentagone a reconnu l'existence d'un programme enquêtant sur les ovni, terminé en 2012.© Wikimedia/CC 2.0/David B. Gleason Le Pentagone a reconnu l'existence d'un programme enquêtant sur les ovni, terminé en 2012.

    Interrogé par Politico, un ancien fonctionnaire considère que c’est le manque de résultat qui a fini par coûter ses fonds à l’AATIP. « Au bout d’un moment, le consensus c’était que nous ne pouvions rien trouver de concret. Ils ont produit des tonnes de paperasse. […] Il n’y avait rien qui puisse justifier de dépenser l’argent du contribuable. On l’a [le programme, Ndlr] laissé mourir de mort lente. »

    Un programme parmi d’autres

    Autrefois à la tête du programme, Luis Elizondo a aujourd’hui rejoint la société « To The Stars Academy of Arts and Sciences » qui collecte des fonds pour la recherche sur les ovnis. Il assure qu’il a été remplacé par quelqu’un au sein du département de la Défense, preuve que le sujet suscite toujours un certain intérêt au sein du Pentagone. Il faut dire que l’AATIP n’est pas le premier programme de ce genre.

    Entre 1947 et 1969, l’US Air Force a recensé et étudié plus de 12 000 cas d’observations de phénomènes aérospatiaux inexpliqués. Plusieurs programmes se sont succédé, à mesure que les témoignages s’accumulaient au cours des années. La commission « projet Blue Book », créée en 1952, en est finalement arrivée à la conclusion que la grande majorité de ces observations impliquaient des étoiles, des nuages, des avions civils ou des appareils espions. Seuls 701 cas restent inexpliqués.

    «La vérité est ailleurs»

    Sur Twitter, le démocrate Harry Reid, qui a pris sa retraite cette année, a relayé l’enquête du New York Times avec ces mots : « Nous n’avons pas les réponses, mais nous avons beaucoup d’éléments pour justifier de se poser des questions. C’est une problématique scientifique et de sécurité nationale. Si l’Amérique ne se charge pas de répondre à ces interrogations, d’autres le feront ».

    Et d’ajouter, en référence au slogan de la série culte X-Files, où deux agents du FBI enquêtent sur les phénomènes paranormaux : « La vérité est ailleurs. Sérieusement ».

    https://www.msn.com/fr-be/actualite/monde/%c3%a9tats-unis-quand-le-pentagone-faisait-la-chasse-aux-ovnis/ar-BBH0981?li=BBqiQ9T&ocid=mailsignout

     

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