• Le temps perçu

     

     

    Le temps perçu

     

    Le temps perçu

     

    Le fait que le temps passe… est une constatation qui s’impose en permanence à nous. Impossible d’échapper à cette perception.

    Le problème de la définition du temps se ramène à la recherche du lien entre cette sensation et sa cause objective.

    Nous pouvons constater, dans d’autres domaines, qu’un tel lien peut être complexe. Ainsi les psychologues énoncent-ils la loi de Weber et Fechner affirmant que :

    La sensation est proportionnelle non à l’intensité d’un stimulus mais à son logarithme.

    Il sembler pertinent d’appliquer cette loi à l’écoulement du temps, ce qui explique l’accélération de cet écoulement telle que nous la ressentons à mesure que notre âge avance.

    Le paradoxe le plus crucial concerne la place de l’avenir dans notre perception de la durée. Il nous obsède alors que, il n’existe pas.

    Rien dans la nature ne tient compte de lui. Du moins est-ce l’hypothèse de base de la réflexion scientifique.

    Le cosmos est regardé comme n’ayant pas d’intention, pas d’objectif. Les forces en présence font ce qu’elles ont a faire; elles tiennent compte de l’état présent des choses, parfois du passé; elles connaissent hier et aujourd’hui, mais elles ignorent demain; elles ne peuvent mettre en scène ce personnage fictif qui n’est joué par aucun acteur.

    Ceci n’est plus vrai depuis l’entrée récente sur cette scène (quelques millions d’années) des membres de notre espèce.

    Objets faits des mêmes constituants que tous les autres objets, animaux réalisés en associant les mêmes cellules que chez tous les êtres vivants, les Homo sapiens ont été capables, par suite d’une erreur de la nature (un système nerveux central hypertrophié), de développer une performance inouïe : imaginer que demain sera.

    Nous manifestons de multiples singularités : nous avons perdu la fourrure qui recouvre le corps de nos cousins primates, la nature nous prive de l’os baculum, nous marchons debout, nous naissons avant d’avoir reçu la moindre autonomie… ; Beaucoup de ces singularités ne sont qu’anecdotiques.

    La plus décisive est notre capacité à nous projeter dans l’avenir; sans doute est-ce le véritable fondement de notre spécificité.

    Au passage, nous avons perdu le présent : le temps qui s’écoule pendant que je dis “je suis” transforme la phrase en un “j’étais”.

    C’est le prix à payer : laminée entre le souvenir du passé et la crainte ou l’espoir du futur, notre existence réelle est évanescente ; essayer de saisir l’instant présent est aussi vain que de courir après le vent (ou, aurait dit Einstein, que de chercher à rattraper un photon).

    Quant au passé, il nous a quittés, s’est éloigné et reste définitivement inaccessible ; nous ne pouvons que le contempler, tel qu’il est, figé pour l’éternité.

    Notre seul domaine est donc, malgré son inexistence, l’avenir.

     

     

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