• Vivaldi le scorpion

     

    Vivaldi le scorpion

     

    Vivaldi le scorpion

     

    Un conte sur les limites d’une organisation sans failles.

    Il était une fois un scorpion du nom de Vivaldi. C’était un insecte très actif : il réglait un tas d’affaires en même temps, tout était très organisé dans sa vie, jamais un train en retard, jamais quelque chose laissé au hasard. Pour cette journée, il se dit :

    ° " Voici mon programme : je vais d’abord régler les histoires du clan, ensuite je vais compter mes provisions, puis je vais préparer mes pièges, dans la foulée, je prends connaissance des faits divers, et enfin, je bricole dans ma maison… !"

    Il commença donc par aller voir ses compatriotes et leur répartit le travail :

    "Alors toi, tu vas préparer le venin pour tout le monde, toi tu vas nettoyer la maison, toi tu vas chercher des feuilles ventilateurs pour l’été, toi tu vas guetter les nouveaux insectes arrivant…et."

    Chacun s’exécuta, car c’était reconnu, Vivaldi était un brillant organisateur, un vrai chef d’orchestre ! Il planifiait tout, et plus il planifiait, plus il y avait de choses à organiser !

    Or, un jour, il se produisit des choses que ni Vivaldi, ni personne n’avait prévu, comme de petits grains de sable qui vinrent perturber le bon fonctionnement des choses…

    Cela commença par le temps : celui-ci se dérégla complètement. Il fit chaud en hiver et plutôt froid en été, on vit des grosses pluies au printemps et des bourgeons en automne. C’était incroyable ! Vivaldi se dit :

    "Je n’y comprends plus rien. Bon, je vais ressortir les habits chauds en été, abriter de la pluie mes pièges au printemps, et je vais donner de nouvelles consignes aux autres…"

    "Bien, toi tu vas couper de l’herbe, toi tu vas chercher du bois, et toi tu vas semer des graines dans le potager…"

    Et tous répondirent :

    "Mais Vivaldi, tu es sûr ? Ce n’est pas la saison !"

    "Je sais, mais c’est comme ça, ne discutez pas et allez-y ! » ordonna-t-il."

    Ensuite, ce fut la mer qui se détraqua. Elle qui d’habitude faisait ses marées loin, se rapprochait maintenant dangereusement. Des vagues étaient même entrées dans la maison !

    Branle-bas de combat ! Il fallut tout déménager en vitesse, tout amener plus loin.

    Vivaldi pensait :

    "Ca ne va pas durer, c’est sûr, ce n’est pas possible autrement !"

    Seulement voilà, chaque jour amenait son lot d’eau salée, de coquillages et beaucoup de sable ! Pauvre Vivaldi, il en était tout déboussolé !

    Ensuite, ce fut dans son clan qu’apparurent des signes de manifestation. Avec l’arrivée de ces évènements, la confiance en Vivaldi s’était quelque peu étiolée, et sa nouvelle organisation ne faisait plus l’unanimité. L’un dit :

    "Moi, je ne pense pas que ce soit le bon moment pour fabriquer du venin, je crois qu’il vaudrait mieux profiter du beau temps pour amasser des provisions…"

    Un autre proposa :

    ° "Et si nous profitions de ces changements pour partir en voyage. Après tout, cela fait longtemps que nous ne sommes pas partis en vacances !"

    Un troisième fut plus catégorique :

    "Non, je ne veux pas t’écouter Vivaldi, parce que j’ai envie de faire autrement, c’est tout !"

    Bref, il régnait la zizanie au sein du clan des scorpions.

    Vivaldi avait beau dire que ça n’allait plus marcher, qu’il allait y avoir des manques… Rien n’y fit, les insectes se dispersèrent et choisirent d’aller chacun dans leur direction. Vivaldi en était sens dessus dessous ! Imaginez, un chef d’orchestre sans orchestre !

    Qu’allait-il donc faire maintenant ? Plus rien à penser, plus rien à organiser… Le vide quoi !

    Vivaldi se sentit bien seul, avec des problèmes en plus qui duraient : la météo ne s’arrangeait pas, la mer montait sans cesse, si bien qu’il fallait tout le temps déménager plus loin. Restaient ses compagnons. Il les croisait, échangeait quelques mots avec eux, mais c’était sûr, il ne serait plus jamais leur chef d’orchestre.

    Ils étaient autonomes et semblaient gérer leurs affaires tout seuls… L’ennui le guettait. Vivaldi prit alors une grande décision :

    "Je vais profiter de mon temps libre pour m’aménager des loisirs. Ah c’était l’été et il faisait froid ! Hé bien qu’à cela ne tienne, je vais jouer aux sports d’hiver !"

    Et Vivaldi ressortit les feuilles-luges, les bâtons-skis, et son bonnet. Il s’amusa comme un fou !

    La mer montait ? Hé bien, il allait construire un petit radeau et profiterait de la marée pour amener ses affaires plus loin. Sur le sommet de la vague, Vivaldi surfait, grisé.

    "Waouh, c’est génial ! » cria-t-il, « je vais vite ! C’est super !"

    Et il rit de tout son cœur. Quel plaisir ! Vivaldi rayonnait tellement la joie de vivre que ses compagnons recherchèrent de plus en plus sa compagnie. Ils partagèrent ensemble des moments heureux, tant lors des loisirs, qu’en s’entraidant ou en bavardant.

    Vivaldi s’était construit une nouvelle vie : désormais, rien n’était organisé, rien n’était planifié à l’avance, il vivait les choses comme elles se présentaient, et c’était très agréable ainsi ! C’était devenu le roi de l’improvisation ! 

    Valérie Bonenfant

     

     

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